Compteur Linky à Ménéac

VOUS TROUVEREZ DANS CE DOSSIER :

– Toute la procédure pour refuser le compteur Linky en cliquant ici
– Une solution technique pour éliminer les ondes néfastes si vous possédez déjà un compteur linky (Click ici)
– Une note du cabinet ARTEMISA sur les compteurs Linky (Click ici)
Liste des communes françaises qui ont refusé les compteurs Linky sur le site suivant (click ici)
– Liste des communes Bretonnes qui ont refusé les compteurs Linky (click ici)
– Le rapport de l‘Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail en cliquant sur le lien
– Une vidéo à regarder (click ici)
– Une autre vidéo à regarder où le Président d’ERDF confirme que la pose des compteurs Linky n’est pas obligatoire (click ici)

Dangereux ou pas ?

Experts d’ERDF qui rassurent d’un côté, associations Robin des toits et Next-up qui inquiètent de l’autre, le compteur Linky fait l’objet d’informations radicalement contradictoires quant à ses éventuels risques pour la santé et le logement. Que Choisir fait le point. 

Que l’association Robin des toits déroule un argumentaire très alarmiste sur le compteur Linky n’a rien d’étonnant. Voir des dangers dans toutes les technologies sans fil, c’est sa raison d’être. Elle n’en est pas à son coup d’essai. Ses premières armes, elle les a faites sur les antennes-relais des téléphones portables, dénonçant haut et fort une horreur sanitaire. L’exposition aux ondes électromagnétiques vient pourtant beaucoup plus des téléphones portables eux-mêmes que de leurs antennes-relais.

Avec Linky, Robin des toits enfourche un nouveau combat : le compteur génèrerait des ondes électromagnétiques dangereuses. De son côté, l’association Next-up y ajoute un tableau terrifiant sur les risques d’incendies, de pannes des appareils électriques, de dysfonctionnements de la domotique.

En face, ERDF, la filiale de distribution d’EDF, nie tout en bloc. Les ondes électromagnétiques ? Absurde. Accusé de tous les maux, le courant porteur en ligne (CPL) « s’arrête au compteur, et ce dernier ne communique que quelques secondes avec son concentrateur qui recueille les données par CPL, et c’est entre minuit et 6 heures du matin ». La domotique perturbée, avec les volets roulants, la porte de garage ou l’arrosage automatique qui ne répondent plus ou se déclenchent intempestivement ? Impossible. « Sur les 300 000 compteurs Linky qui fonctionnent depuis 5 ans, on n’a eu aucun problème sur la domotique, on n’a jamais constaté de perturbations électromagnétiques, assure Bernard Lassus, directeur du programme Linky chez ERDF. C’est un point que nous suivons de très près ». Les quelques incendies ? « Le compteur lui-même n’est pas en cause, martèle ERDF, il s’agit d’une erreur d’installation, d’un défaut de serrage qui provoque un court-circuit et qui peut se produire tout autant avec un compteur traditionnel. » ERDF dit former et contrôler les entreprises de pose au plus près pour que ça ne se reproduise pas.

Ondes des radiofréquences « cancérogènes possibles »

Alors qui croire ? La technologie CPL utilise les fils électriques classiques qui fournissent le courant. Dans le cas du compteur Linky, elle y transmet les données par radiofréquences de 75 kilohertz. Or ces câbles électriques classiques ont été conçus pour le 50 hertz du courant électrique, pas pour les champs électromagnétiques des radiofréquences. L’inquiétude est donc légitime, d’autant que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les ondes des radiofréquences dans la catégorie « cancérogène possible », ce qui n’a rien d’anodin.

Reste que l’exposition domestique aux ondes vient avant tout des téléphones portables, puis du Wi-Fi, bien avant la technologie CPL qui est d’ailleurs déjà très répandue, tant pour la domotique que pour assurer la connexion à Internet. Face à toutes ces sources, la contribution du compteur Linky ne peut être que mineure.
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Si inquiétudes il doit y avoir, elles portent plus sur le risque de perturbations qui dérèglerait des systèmes ou des appareils, la technologie CPL ayant été souvent mise en cause sur ce point. « Il peut y avoir des interférences avec des appareils qui fonctionnent sur la même fréquence, confirme Jean-Charles Lebunetel, maître de conférences à l’Université de Tours et spécialiste de la compatibilité électromagnétique. Mais en l’occurrence c’est plutôt la transmission CPL de Linky qui risque d’être affectée. » Directeur de recherches CNRS à l’IETR, l’Institut d’électronique et de télécommunications de Rennes, Philippe Besnier travaille sur les interférences et la compatibilité électromagnétique. « Ces nouveaux systèmes coexistent avec de nombreux autres parfois bien plus émetteurs de signaux parasites et de champs électromagnétiques que les courants porteurs en ligne, souligne-t-il, et les appareils sont testés en laboratoire. Mais les normes de compatibilité électromagnétique sont édictées à un moment donné, elles n’avancent pas toujours aussi vite que les nouvelles technologies, il faut être attentif aux remontées de terrain. »

Quant au risque d’incendie, il est rare mais réel, avec 8 cas recensés pour 300 000 compteurs installés pendant l’expérimentation. C’est trop, d’autant que Linky ne présente aucun intérêt pour les consommateurs. Il pourrait même alourdir la facture d’électricité !

L’intérêt des consommateurs à la trappe

Personne ne peut l’ignorer tant ERDF communique sur le sujet, l’installation des compteurs électriques Linky a démarré ce 1er décembre. D’ici 6 ans, fin 2021, ils auront remplacé les 35 millions de compteurs électriques existants. Mais alors que Linky aurait pu servir d’indicateur fiable de sa consommation électrique, son intérêt est limité, il risque même de faire gonfler la facture de millions d’usagers.

C’est assurément une bonne nouvelle pour l’équilibre du réseau électrique et pour les filiales d’EDF qui en ont la charge, ERDF côté gestion du réseau, RTE côté transport de l’électricité. En connaissant à la minute près la courbe des consommations, en pouvant reporter la demande à tout moment sans même que les usagers s’en aperçoivent, le compteur électrique Linky est un outil formidable d’ajustement des consommations d’électricité aux moyens de production disponibles. De ce point de vue, la généralisation de Linky peut être un élément de l’évolution du mix électrique et participer à l’atteinte des objectifs climat de la France.

C’est aussi une excellente nouvelle pour les fournisseurs d’électricité, EDF et ses concurrents. Ils vont pouvoir proposer toute une panoplie d’offres tarifaires incluant des services payants.

L’énorme problème, c’est que Linky n’apporte rien, strictement rien aux usagers. Il risque même d’alourdir leurs factures sans contrepartie !

À l’origine, il devait permettre un affichage des consommations en temps réel dans un endroit bien visible du logement, seul moyen pour que chacun prenne conscience de ses dépenses d’électricité et réduise sa facture en faisant des économies d’énergie.

Factures d’électricité alourdies

Mais ni les gouvernements de droite ni ceux de gauche qui se sont succédé depuis l’origine du projet n’ont imposé cette exigence d’affichage à ERDF. La loi de transition énergétique ne répare ce manquement qu’à la marge. Seuls les ménages en précarité énergétique pourront voir leurs consommations s’afficher en temps réel, tant en kWh qu’en euros. Mais il n’est même pas sûr que ce soit en temps réel. Tel qu’il est installé actuellement, Linky n’est pas apte à communiquer avec un afficheur déporté. Un comble pour un compteur dit communicant !

Pire encore, Linky va alourdir la facture d’électricité des ménages. D’abord parce que même s’il n’apparaît pas en tant que tel et qu’ERDF assure pouvoir le financer par des gains de productivité, son coût pourrait finalement y être intégré via le tarif d’acheminement de l’électricité.

Surtout parce que d’après une étude menée par l’UFC-Que Choisir sur un panel de consommateurs, 37 % des ménages consomment au-delà de leur puissance d’abonnement. Les compteurs actuels supportent ces dépassements ponctuels sans disjoncter, Linky pas toujours. De nombreux usagers pourraient avoir à souscrire à une puissance plus élevée, donc à un abonnement plus cher !

Côté consommateurs, en pleine COP 21 et alors que la France se veut exemplaire, le compteur Linky a tout d’un loupé de la transition énergétique.